Avant-propos
Le Duo Spinosi
Josiane Rabemananjara et Philippe Spinosi
Dès la création de leur duo Josiane Rabemananjara et Philippe Spinosi sont très vite remarqués pour la très grande musicalité et l'esprit de musique de chambre qu'ils insufflent au duo de guitare. Sensibilité, intelligence musicale et virtuosité sont unanimement saluées par la critique.
Profondément marqués par leur rencontre avec l'immense guitariste Sergio Assad, ils se forgent une place particulière dans l'univers de la guitare classique, par des choix artistiques exigeants et recherchés. Ils privilégient les œuvres originales sur les transcriptions sans toutefois les exclure. Par des options interprétatives audacieuses, ils savent si nécessaire s'affranchir des règles de la tradition guitaristique. Pour le répertoire ancien, ils ont choisi l'option des instruments d'époque. Leur perpétuelle exploration du répertoire original pour duo de guitare les amène à enregistrer
Années 50, un CD consacré à la musique française originale pour deux guitares autour de 1850 et 1950, unanimement salué par la critique. Leur travail actuel porte sur le génial guitariste Français de la fin du XVIIIe siècle, Antoine de Lhoyer. Leur enregistrement de ses duos opus 31 et du concerto opus 16 (en première mondiale) est à paraître, ainsi que les premières éditions modernes, en collaboration avec les
Éditions Buissonnières.
Le Duo Spinosi est:
- Lauréat de la Fondation Yehudi Menuhin,
- Premier Prix premier nommé du Concours International de Duos de Guitare de Bubenreuth (Allemagne)
- Lauréats du Concours international de guitare en duo de Montélimar,
- Premier prix du Concours de musique de chambre de l'U.F.A.M. (Paris),
- Lauréat boursier du Concours de musique de chambre «Musique d'Ensemble» (Paris-Rueil).
Le duo s'est produit aux États-Unis, en Allemagne, en Irlande, en Tunisie, au Maroc, à Chypre, au Liban, en Syrie, à Madagascar, à l'Île Maurice, etc. En France, ils ont donné 180concerts pour les Jeunesses Musicales de France (JMF). Ils sont aussi invités par des festivals comme les Flâneries Musicales de Reims, ou les Nuits de la Guitare de Patrimonio ainsi qu'à la télévision et la radio (France 2, France-Musiques, France Inter...).
Antoine de Lhoyer (1768-1852)
Guitariste, compositeur, Garde de la Manche du Roi Chevalier de l'ordre de Saint-Louis et de St. Jean de Jérusalem, Lieutenant du Roi... Cette énumération reflète bien le tourbillon dans lequel s'enroule la vie d'Antoine de Lhoyer. Né sous Louis XV, mort sous Napoléon III, il connut le faste des cours royales et impériales d'Europe, l'horreur des champs de batailles, vécut tous les grands bouleversements de la révolution, l'exil, le retour, l'espoir d'une reconnaissance, et probablement, à la fin de sa vie, l'inquiétude, la misère et la faim. Mais ce qui nous frappe le plus, c'est qu'en traversant cette épopée, il a toujours gardé une guitare auprès de lui. Il ne s'est jamais détourné de cet instrument qui l'a suivi partout et pour lequel il nous a légué des pages de musique passionnante, qui sont restées longtemps dans l'obscurité des bibliothèques, et que nous nous attachons maintenant à vous livrer.
En France, presque personne ne semblait jusqu'à aujourd'hui connaître Antoine de Lhoyer. Le vrai retour en grâce du musicien dans son pays natal est dû essentiellement au travail immense de Philippe Faure. Après de longues recherches sur la famille de Lhoyer, il a été le premier à établir une biographie très détaillée du musicien. Il a rassemblé avec patience la plus grande partie de ses œuvres, soit une cinquantaine d'opus. Qu'il soit permis de lui rendre ici un hommage chaleureux, pour sa contribution majeure à la renaissance de cette part du patrimoine musical et guitaristique français.
Biographie succincte
Pour une connaissance approfondie de la vie d'Antoine de Lhoyer, nous conseillons de se reporter à la biographie complète que Philippe Faure s'apprête à publier.
Antoine de Lhoyer est né à Clermont-Ferrand en 1768 dans un petit hôtel particulier de la rue Beauregard, en fait une petite ruelle étroite située à deux pas de la cathédrale. Il est le fils du seigneur de Clerzat.
Ce nom est aussi celui de l'autre résidence des parents d'Antoine : le château de Clerzat, situé a quelques kilomètres de Clermont-Ferrand. L'enfance d'Antoine se partagera entre ces deux demeures. Il étudie très jeune la musique sur le clavecin familial, puis la guitare. L'un de ses premiers maîtres fut très probablement le guitariste Pierre-Jean Porro. Fondateur à Paris du Journal de la Guitare, Porro était aussi l'un des professeurs de musique à l'École royale et militaire d'Effiat, près de Clermont. Le jeune Antoine ayant vraisemblablement suivi des cours privés de ces professeurs, sa vocation pour la guitare a pu naître de la fréquentation de Porro.
En 1774, débute la période parisienne de la vie d'Antoine de Lhoyer. Il côtoiera les acteurs de la vie guitaristique parisienne alors intense. Porro, mais aussi Alberti, Pierre-Joseph Baillon, François Vincent Corbelin, Les frères Merchi et Vidal. Antoine obtient de ses parents l'autorisation de partir en voyage d'étude pour se perfectionner dans son art. Il visite les grandes capitales européennes. On sait qu'il intégra ensuite une troupe de comédiens français qui se produisaient beaucoup en France et en Europe. Au sein de cette troupe, il fait une halte prolongée à la cour du prince Henri de Prusse à Reinberg, homme éclairé, mécène des arts et des lettres. Antoine de Lhoyer jouit alors d'une réputation de grand virtuose qui dépasse les frontières.
En 1789, il entre dans la garde de Louis XVI. Il quittera cette troupe d'élite en 1791, peu après le massacre des gardes par la foule ayant envahi Versailles le 6 octobre 1789. Commence pour Antoine une période militaire, dans les armées des Princes et dans celles de Condé, qui le conduira sur les grands champs de bataille européens. C'est là qu'il compose la
Grande Sonate pour la Guitare opus 12 et
Quatre Adagio pour Guitare avec accompagnement de violon. Il se trouve alors à Vienne. Blessé au combat, il perd l'usage de sa main droite pendant trois ans.
En 1800, l'armée dans laquelle il sert se disperse. Antoine de Lhoyer rejoint Hambourg. Durant quatre ans, il y vit de ses leçons de guitare et y publie quatre sonates, des romances et surtout le
Concerto opus 16.
En 1804, il rejoint la Cour de Saint-Pétersbourg où il deviendra l'un des artistes préféré de l'Empereur de Russie qui lui accorde une très grosse pension de musicien pendant dix ans. Cette période très féconde voit éclore des œuvres pour guitare solo et formation de chambre, ainsi que plusieurs recueils de romances pour voix et guitare. Il revient en France au service de Louis XVIII dont il sera un proche officier. Il est alors compagnon d'arme d'Alfred de Vigny, avec qui il escorte le Roi à Gand pendant les « Cent Jours ». Cette époque correspond à ses plus belles œuvres, en particulier les
Duos opus 31, dédiés à la Princesse de Croÿ-Solre. Puis, pour des raisons encore mal connues, il est écarté et envoyé dans des postes de province. Il sera successivement affecté à Niort, à l'Île d'Oléron, puis en Corse, à Saint-Florent et à Bonifacio. C'est là qu'il apprend la révolution de 1830 et l'abdication de Charles X qui précipiteront sans doute sa mise en retraite. Malgré les suppliques qu'il adresse à Paris, il doit quitter la Corse et se retrouve sans ressources. Il connaît alors une existence de plus en plus difficile.
Il meurt à Paris le 15 mars 1852 sans aucune ressource. Son corps est jeté dans une fosse commune au cimetière Montparnasse.
L'œuvre
Les recherches menées jusqu'à aujourd'hui ont mis à jour une quarantaine de partitions. La plupart sont conservées dans des bibliothèques étrangères (États-Unis, Russie, Allemagne...) et quelques-unes à la Bibliothèque nationale de France. On relève principalement des pièces pour guitare solo (ou bien en duo, trio et quatuor de guitares), des trios pour flûte, alto et guitare (ou bien violon alto et guitare), plusieurs sonates pour violon et guitare, des recueils de romances pour voix et guitare et un concerto pour guitare et orchestre.
Ancrée dans la tradition classique de la fin du XVIIIe siècle, sa musique et son inspiration foisonnante donnent une œuvre attachante, qui se démarque de celle des autres guitaristes de son époque. Son séjour en exil à Vienne, à la mort de Mozart et à l'aube de la carrière du jeune Beethoven, laisse indéniablement une trace dans le caractère de sa production.
Du point de vue formel, ses œuvres suivent très souvent le classique plan sonate, mais il sait trouver des tournures et des formules rythmiques vivantes qui font tout son intérêt. Contrairement à beaucoup de compositeurs guitaristes de son époque, il sait utiliser les ressources de la tonalité et les modulations. Lorsqu'il écrit pour deux guitares, il sort souvent du strict cadre de la mélodie accompagnée et imbrique avec science les deux parties en contrepoint, n'hésitant pas à écrire des parties mélodiques à la basse. Son écriture se distingue ainsi de celle de ses illustres contemporains, comme Sor ou Giuliani.
Jusqu'à son retour en France en 1814, Antoine de Lhoyer est resté fidèle à la guitare à cinq cordes. Quelques-unes de ses œuvres écrites pour la guitare à sept cordes sont la marque de son séjour en Russie. Les lieux de publication de ses œuvres varient avec l'errance de son exil. Les opus 12 à 18 sont publiés à Hambourg. Les opus suivants paraissent en Russie, et toute la fin de sa production, de l'opus 28 à 45, en France. Les opus 1 à 11 n'ont pour l'instant pas été localisés. Le chef-d'œuvre d'Antoine de Lhoyer se trouve dans les neuf opus consacrés aux duos. Il atteint là le sommet de son art et montre une maîtrise et un génie instrumental associé à une profondeur d'inspiration qui peut atteindre des sommets. Il maîtrise aussi bien les détails que la trajectoire générale, et n'hésite pas à créer l'événement par des ruptures de caractère. Il nous laisse une œuvre pour guitare d'une qualité rare, et qui est restée dans l'ombre jusqu'à aujourd'hui pour des raisons encore en partie mystérieuses.
Les 3 duos concertants pour deux guitares, opus 31
Cet opus d'Antoine de Lhoyer doit être considéré comme son chef-d'œuvre. Les duos opus 31 ont été publiés autour de 1814 par l'éditeur parisien Simon Gaveaux. De Lhoyer venait de mettre fin à près de vingt ans d'exil, dont une dizaine passés à la cour impériale de Russie.
Saint-Pétersbourg, était en effet un véritable rendez-vous d'artistes et d'intellectuels venus de toute l'Europe, dont beaucoup de français, émigrés de la révolution française. Il est certain qu'Antoine de Lhoyer y côtoya de nombreux musiciens. Parmi eux, François Adrien de Boieldieu, dont de Lhoyer arrangea des extraits de l'opéra La Dame Blanche.
L'intensité de la vie musicale à Saint-Pétersbourg a probablement contribué à nourrir son art de compositeur. Il n'est donc guère étonnant que sa musique la mieux écrite, et la plus riche soit postérieure à ce séjour en Russie.
On imagine aisément Antoine de Lhoyer alors porté par l'émotion et le bonheur de retrouver librement sa terre natale, la Restauration venant justifier sa fidélité à la monarchie. L'histoire mettra vite fin à ses espoirs. Mais les duos de l'opus 31, par leur richesse, leur ambition, et tout simplement leur beauté, portent la marque de cette époque de fin d'exil, et de bonheur propice à l'épanouissement de la créativité.
Le frontispice de l'édition originale indique :
Trois Duos Concertans (sic) pour deux guitares où lyres Composés et dédiés à Madame la Princesse de Croÿ-Solre Par Antoine de Lhoyer Chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de Saint Louis et de Saint Jean de Jérusalem.
Parmi les neuf opus qu'Antoine de Lhoyer consacre au duo de guitare, l'opus 31 nous semble le plus abouti et le plus inspiré. Pourtant les trois duos qui le composent, sont d'une architecture classique.
On y trouve des premiers mouvements de type sonate qui commencent par une double exposition de chaque motif thématique en alternance sur chaque guitare. Après la reprise, suit une partie centrale que l'on peut considérer comme un développement court, mais très habilement conduit. Enfin la troisième partie est une réexposition qui permet d'entendre comme il se doit, les deux motifs thématiques dans le ton initial.
Les mouvements lents suivent la forme A-B-A, la partie centrale étant au ton relatif. Ils sont suivis très classiquement par un rondo conclusif. Le duo n° 2 comporte en plus un menuetto intercalé entre l'allegro et l'adagio, trace de l'attachement d'Antoine de Lhoyer à l'esprit de Haydn et Mozart et au XVIIIe siècle tout juste achevé.
Si on la rapporte aux productions pour guitare de l'époque, la maîtrise de la forme et de la structure de ces pièces est déjà remarquable. Mais ce qui est le plus frappant et qui rend cette musique si précieuse, c'est leur contenu musical, l'inventivité et l'inspiration qui semblent avoir habité leur compositeur.
De Lhoyer parvient, en quelques mesures, à créer des ruptures d'ambiance par des procédés d'écriture très éloquents : violents appels d'appoggiatures de dominante en doubles croches, motifs rythmiques répétés et ascensionnels, fugato fébrile, arpèges en notes piqués se répondant d'une guitare à l'autre en marches harmoniques, etc. Les thèmes ou les motifs thématiques sont vivants et originaux, les accompagnements ne sont jamais anodins et contribuent à la richesse événementielle de la musique.
La seconde guitare n'est pas cantonnée aux basses d'Alberti, mais est souvent traitée en contrepoint, pour un discours très polyphonique. De Lhoyer sait jouer avec la tonalité, soit par modulations, soit par des marches harmoniques habilement dirigées. Sa musique vit, respire, palpite, et nous entraîne dans un univers auquel les guitaristes n'ont pas souvent accès dans le répertoire de cette période.
Après avoir joué ces duos dans de nombreux concerts et dans de nombreux pays, nous pouvons témoigner du grand pouvoir émotionnel qu'ils exercent sur les auditeurs. Nous sommes donc particulièrement heureux de les partager avec tous ceux qui liront ces merveilleuses pages de musique, et qui contribueront à leur tour à faire vivre l'œuvre d'Antoine de Lhoyer.
Josiane et Philippe Spinosi
À propos de cette édition
Cette édition se veut la plus proche possible de ce que montre le fac-similé de la partition originale éditée par Simon Gaveaux. Nous n'avons pas ajouté d'indications de doigtés, considérant que ceci est un élément fondamental de l'interprétation et reste donc un choix personnel de l'interprète. De plus la question de l'instrument utilisé, guitare moderne ou guitare romantique, a trop d'influence sur ce paramètre. Dans tous les cas, le niveau technique que requièrent ces duos les réserve à des guitaristes capables de déterminer eux-mêmes les doigtés les plus judicieux. On ne trouvera donc ici que ce qui est strictement noté dans l'édition Gaveaux, c'est-à-dire essentiellement des indications de phrasés ou d'articulations, matérialisés par des signes de liaisons, des notes détachées (petits points sur les notes) et des indications de nuances. Seules les incohérences ou les oublis manifestes ont été rectifiés. En fait, la différence la plus importante avec l'édition Gaveaux réside dans l'ajout d'un conducteur pour les deux guitares. Comme bien souvent à l'époque d'Antoine de Lhoyer, les parties des deux guitares étaient éditées séparément. Il nous a paru plus bénéfique de regrouper les deux instruments, tant pour le travail que pour la compréhension musicale de la partition.
Antoine de Lhoyer (1768-1852)
Guitarist, composer, Garde de la Manche du Roi, Chevalier of the Order of St. Louis and of St. Jean de Jerusalem, King's Lieutenant... This list of titles reflects the tempestuous life of Antoine de Lhoyer. Born during the reign of Louis XV, died under the regime of Napoleon III, he knew the splendor of the royal and imperial courts of Europe, the horror of battle fields, he lived through the great upheavals of the Revolution and experienced exile, home-coming, the hope of being recognized, and probably at the end of his life he suffered anxiety, poverty and hunger.
But what is most surprising about him is that through all of these adventures and misadventures he kept his guitar always with him. No matter where he was, he never abandoned his instrument and for it he left us pages of passionate music which have stayed a long time hidden in the obscurity of libraries and which we are now making available to you.
In France almost no one seems to have heard of Antoine de Lhoyer.
The real revival of recognition of this musician in his home country is essentially due to the hard work of Mr. Philippe Faure. After lengthy research into the de Lhoyer family history, he was the first to establish a detailed biography of the musician. He patiently gathered together the majority of his works, some 50 in all. Allow us to render him homage here for his great contribution to the renaissance of this piece of the musical and guitaristic patrimony of France.
A Short Biography
For a thorough knowledge of Antoine de Lhoyer's life, we recommend that you consult the complete biography now being prepared for publication by Philippe Faure.
Antoine de Lhoyer was born in Clermont-Ferrand, in 1768 in a house on the Rue Beauregard, a narrow lane situated a few steps from the cathedral. His father was lord of Clerzat, which is also the name of the other residence of Antoine's parents, the Chateau of Clerzat, located a few kilometers from Clermont-Ferrand.
Antoine spent his childhood in both places. He started studying music when he was very young on the family's harpsichord, then he switched to the guitar. One of his first teachers was probably Pierre-Jean Porro, founder of the Parisian Journal de la Guitare and a music teacher at the Royal Military School of Effiat, near Clermont. De Lhoyer moved to Paris in 1774 where he encountered players active in the busy Parisian guitar world, including Porro, and also Alberti, Pierre-Joseph Baillon, Francois Vincent Corbelin, the Merchi brothers and Vidal.
Antoine got his parents permission to take a study trip abroad to perfect his artistry. He paid visits to the major European capitals. We know that he then joined a French theater company which performed frequently in France and around Europe. While with that troupe he stayed for a long time in the court of Prince Henri of Prussia in Reinberg.
At that time Antoine de Lhoyer enjoyed an international reputation as a great virtuoso.
In 1789 he became a guard in the employment of Louis XVI. He left the elite troops shortly after the massacre of guards by the crowd that invaded Versailles on October 6, 1789.
Now Antoine began a military career in the Armies of Princes and the Armies of Condé which took him to the great battle fields of Europe. He was wounded in combat and lost the use of his right hand for three years. While still in the armys of the Princes and Condé stationed in Vienna he composed the Grande Sonata for Guitar, Op. 12, and Quatre Adagio pour Guitare avec accompagnement de violon. In 1800 the army in which he served broke up and he went on to Hamburg. There he earned a living by giving guitar lessons and publishing four sonatas and, most importantly, his concerto, Op. 16.
In 1804 he joined the court of St. Petersburg where he became one of the favorite artists of the Empress Elizabeth, wife of the Grand Duke Alexander. She gave him a very well-paid post as musician for 10 years.
This very productive period saw the creation of solo and ensemble guitar works as well as several collections of Romances for voice and guitar.
He came back to France in the service of Louis XVIII whom he served as an officer.
He wrote during that period his most beautiful works, in particular the duos, Op. 31, dedicated to the Princess of Croÿ-Solre.
Then, for unknown reasons, he was dismissed and sent to serve in the provinces, first to Niort and the Ile d'Oleron, followed by St. Florent and Bonifacio in Corsica. It was there he heard about the Revolution of 1830 and the abdication of Charles X which undoubtedly precipitated his retirement. Despite the urgent requests he sent to Paris, he had to leave Corsica and found himself destitute. His existence became more and more difficult and he died impoverished in Paris on March 15, 1852.
Recent research has turned up a little more than 40 published compositions. Most of them are kept in foreign libraries (United States, Russia, Germany...) and a few in the Bibliothèque Nationale of France.
We have found principally the following types of pieces : solo guitar, trios for flute, viola and guitar, several sonatas for violin and guitar, collections of romances for voice and guitar, a concerto for guitar and orchestra. Anchored in the classical tradition of the end of the 18th century, his abundant musical inspiration produced an attractive body of work which sets it apart from other composers of his epoch. His time spent in exile in Vienna at the time of Mozart's death and the early days of Beethoven left an undeniable mark on the character of his production.
From a formal point of view, his works often follow the classic sonata design, but he could find turns of phrase and lively rhythmic forms which lend them a special interest. Contrary to many of the guitarist-composers of his time, he knew how to utilize tonal resources and modulations. When composing for two guitars he often departs from the strict form of accompanied melody and contrapuntally integrates the two parts, never hesitating to write melodic lines in the bass. His compositions thus distinguish themselves from those of his contemporaries such as Sor and Giuliani.
Up until he returned to France in 1814 Antoine de Lhoyer played regularly on a five-string guitar. Some of his works are for the seven-string guitar, a result of his stay in Russia.
The places of publication of his works vary according to his wanderings in exile. The opuses 12 through 18 were published in Hamburg. The works immediately following appeared in Russia, and all the rest of his production, from Op. 28 through Op. 45, was printed in France. The places of publication of opuses 1 to 11 have not yet been identified.
The major works of Antoine de Lhoyer are the nine compositions for guitar duo. Here he attained the pinnacle of his art and shows a mastery and a genius for inspired instrumental writing that can attain musical heights. He mastered both the details and the overall form and never hesitated to create musical events through interruptions of character. He left us with an œuvre for guitar of a rare quality which has remained in shadow up until today for reasons somewhat mysterious.
The three duos concertants for two guitars, Opus 31
This opus of Antoine de Lhoyer must be considered as his chef d'oeuvre. The duos Op. 31 were printed around 1814 by the Parisian publisher Simon Gaveaux. Lhoyer had just come back from almost 20 years of exile of which 12 were spent at the imperial court of Russia.
St. Petersburg was a veritable rendezvous of artists and intellectuals from all over Europe, many of them French, fugitives from the French Revolution. Undoubtedly Antoine de Lhoyer encountered many musicians there. Among them was Adrien de Boieldieu for whom de Lhoyer arranged excerpts from his opera "La Dame Blanche."
The intense musical life in St. Petersburg undoubtedly provided nourishment to his composer's art. It is hardly surprising that his best written and finest music came after this visit to Russia.
It is easy to imagine the joy felt by Antoine de Lhoyer when he returned as a free man to his native soil, his fidelity to the monarchy confirmed by the Restoration. History would soon bring an end to his hopes, but the duos of Op. 31 carry with them the traces of that end of exile and the happiness that comes with the blossoming of creativity.
The title page of the original edition lists: "Trois Duos Concertans (sic) pour deux guitares ou lyres Composés et dédiés à Madame la Princesse de Croy-Solre Par Antoine de LHOYER Chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de Saint Louis et de St Jean de Jérusalem".
Among the nine works by Antoine de Lhoyer written for guitar duo we think those of Op. 31 are the most complete and the most inspired. The three duos of Op. 31 all have a classic architecture. They all have first movements in the sonata form which begin with a double statement of each theme alternating between the guitars. After the reprise comes a central section that can be considered as a short development very dexterously carried out. The third section is a restatement of the two themes in their original key.
The slow movements follow the A-B-A form, the middle sections being in the relative keys. These are followed in classical style by final rondos. The second duo includes, in addition, a minuet inserted between the allegro and the adagio, an indication of de Lhoyer's attachment to the musical spirit of Haydn and Mozart and to the 18th Century which had just come to an end.
In comparison with the other compositions for guitar of that time, the mastery of form and structure of these pieces is quite remarkable. Yet what is even more impressive and makes this music so valuable is its musical content, its inventiveness and inspiration which seem to be natural to the composer.
De Lhoyer succeeds in a few measures to create breaks of ambiance by very eloquent compositional procedures: violent 16th note appoggiaturas in the dominant, repetitive and rising rhythmic themes, feverish fugatos, arpeggios of plucked notes responding from guitar to guitar in harmonic steps, etc... The themes and thematic motifs are lively and original and the accompaniments, never merely innocuous, add to the real richness of the music.
The second guitar is not restricted to the Alberti bass but is often used as counterpoint to create a polyphonic interplay. De Lhoyer knew how to play with keys, whether by modulations or by harmonic steps cleverly carried off. His music lives and breathes and carries us into a world to which guitarists rarely have access with the repertoire available to their instrument from that time.
After having performed these duos in many concerts and in many countries we can attest to the great emotional power that they have on listeners. So we are especially happy to share them with those who will read these marvelous pages of music and who will contribute in their turn to the renaissance of the works of Antoine de Lhoyer.
About this edition
This edition is intended to be as close as possible to the facsimile of the original score published by Simon Gaveaux. We have not added fingerings because we think that this is a fundamental element of the interpretation and is therefore the personal choice of the player. In addition, the question as to whether a modern or a romantic guitar should be used has too much influence on this matter. In any case, the technical level required by these duos limits their performance to those guitarists who are capable on their own of deciding on the most judicious fingerings. In this edition you will find just those phrase markings or articulations, reproduced as tie signs or as detached notes (dots on the notes) and indications of nuances, as they appear in the Gaveaux edition. Only incoherent parts and obvious forgotten parts have been rectified. In fact, the most important difference between this edition and that of Gaveaux resides in the presentation of the two guitar parts. As often happened during Antoine de Lhoyer's lifetime, the two guitar parts were printed separately, and it seemed to us more beneficial to bring them together in the score, as much for practicing them as for a musical understanding of the piece.
Josiane et Philippe Spinosi.
Traduction de Robert Page