Avant-propos
Le Duo Spinosi
Josiane Rabemananjara et Philippe Spinosi
Dès la création de leur duo Josiane Rabemananjara et Philippe Spinosi sont très vite remarqués pour la très grande musicalité et l'esprit de musique de chambre qu'ils insufflent au duo de guitare. Sensibilité, intelligence musicale et virtuosité sont unanimement saluées par la critique.
Profondément marqués par leur rencontre avec l'immense guitariste Sergio Assad, ils se forgent une place particulière dans l'univers de la guitare classique, par des choix artistiques exigeants et recherchés. Ils privilégient les œuvres originales sur les transcriptions sans toutefois les exclure. Par des options interprétatives audacieuses, ils savent si nécessaire s'affranchir des règles de la tradition guitaristique. Pour le répertoire ancien, ils ont choisi l'option des instruments d'époque. Leur perpétuelle exploration du répertoire original pour duo de guitare les amène à enregistrer
Années 50, un CD consacré à la musique française originale pour deux guitares autour de 1850 et 1950, unanimement salué par la critique. Leur travail actuel porte sur le génial guitariste Français de la fin du XVIIIe siècle, Antoine de Lhoyer. Leur enregistrement de ses duos opus 31 et du concerto opus 16 (en première mondiale) est à paraître, ainsi que les premières éditions modernes, en collaboration avec les
Éditions Buissonnières.
Le Duo Spinosi est:
- Lauréat de la Fondation Yehudi Menuhin,
- Premier Prix premier nommé du Concours International de Duos de Guitare de Bubenreuth (Allemagne)
- Lauréats du Concours international de guitare en duo de Montélimar,
- Premier prix du Concours de musique de chambre de l'U.F.A.M. (Paris),
- Lauréat boursier du Concours de musique de chambre «Musique d'Ensemble» (Paris-Rueil).
Le duo s'est produit aux États-Unis, en Allemagne, en Irlande, en Tunisie, au Maroc, à Chypre, au Liban, en Syrie, à Madagascar, à l'Île Maurice, etc. En France, ils ont donné 180concerts pour les Jeunesses Musicales de France (JMF). Ils sont aussi invités par des festivals comme les Flâneries Musicales de Reims, ou les Nuits de la Guitare de Patrimonio ainsi qu'à la télévision et la radio (France 2, France-Musiques, France Inter...).
Antoine de Lhoyer (1768-1852)
Guitariste, compositeur, Garde de la Manche du Roi Chevalier de l'ordre de Saint-Louis et de St. Jean de Jérusalem, Lieutenant du Roi... Cette énumération reflète bien le tourbillon dans lequel s'enroule la vie d'Antoine de Lhoyer. Né sous Louis XV, mort sous Napoléon III, il connut le faste des cours royales et impériales d'Europe, l'horreur des champs de batailles, vécut tous les grands bouleversements de la révolution, l'exil, le retour, l'espoir d'une reconnaissance, et probablement, à la fin de sa vie, l'inquiétude, la misère et la faim. Mais ce qui nous frappe le plus, c'est qu'en traversant cette épopée, il a toujours gardé une guitare auprès de lui. Il ne s'est jamais détourné de cet instrument qui l'a suivi partout et pour lequel il nous a légué des pages de musique passionnante, qui sont restées longtemps dans l'obscurité des bibliothèques, et que nous nous attachons maintenant à vous livrer.
En France, presque personne ne semblait jusqu'à aujourd'hui connaître Antoine de Lhoyer. Le vrai retour en grâce du musicien dans son pays natal est dû essentiellement au travail immense de Philippe Faure. Après de longues recherches sur la famille de Lhoyer, il a été le premier à établir une biographie très détaillée du musicien. Il a rassemblé avec patience la plus grande partie de ses œuvres, soit une cinquantaine d'opus. Qu'il soit permis de lui rendre ici un hommage chaleureux, pour sa contribution majeure à la renaissance de cette part du patrimoine musical et guitaristique français.
Biographie succincte
Pour une connaissance approfondie de la vie d'Antoine de Lhoyer, nous conseillons de se reporter à la biographie complète que Philippe Faure s'apprête à publier.
Antoine de Lhoyer est né à Clermont-Ferrand en 1768 dans un petit hôtel particulier de la rue Beauregard, en fait une petite ruelle étroite située à deux pas de la cathédrale. Il est le fils du seigneur de Clerzat.
Ce nom est aussi celui de l'autre résidence des parents d'Antoine : le château de Clerzat, situé a quelques kilomètres de Clermont-Ferrand. L'enfance d'Antoine se partagera entre ces deux demeures. Il étudie très jeune la musique sur le clavecin familial, puis la guitare. L'un de ses premiers maîtres fut très probablement le guitariste Pierre-Jean Porro. Fondateur à Paris du Journal de la Guitare, Porro était aussi l'un des professeurs de musique à l'École royale et militaire d'Effiat, près de Clermont. Le jeune Antoine ayant vraisemblablement suivi des cours privés de ces professeurs, sa vocation pour la guitare a pu naître de la fréquentation de Porro.
En 1774, débute la période parisienne de la vie d'Antoine de Lhoyer. Il côtoiera les acteurs de la vie guitaristique parisienne alors intense. Porro, mais aussi Alberti, Pierre-Joseph Baillon, François Vincent Corbelin, Les frères Merchi et Vidal. Antoine obtient de ses parents l'autorisation de partir en voyage d'étude pour se perfectionner dans son art. Il visite les grandes capitales européennes. On sait qu'il intégra ensuite une troupe de comédiens français qui se produisaient beaucoup en France et en Europe. Au sein de cette troupe, il fait une halte prolongée à la cour du prince Henri de Prusse à Reinberg, homme éclairé, mécène des arts et des lettres. Antoine de Lhoyer jouit alors d'une réputation de grand virtuose qui dépasse les frontières.
En 1789, il entre dans la garde de Louis XVI. Il quittera cette troupe d'élite en 1791, peu après le massacre des gardes par la foule ayant envahi Versailles le 6 octobre 1789. Commence pour Antoine une période militaire, dans les armées des Princes et dans celles de Condé, qui le conduira sur les grands champs de bataille européens. C'est là qu'il compose la
Grande Sonate pour la Guitare opus 12 et
Quatre Adagio pour Guitare avec accompagnement de violon. Il se trouve alors à Vienne. Blessé au combat, il perd l'usage de sa main droite pendant trois ans.
En 1800, l'armée dans laquelle il sert se disperse. Antoine de Lhoyer rejoint Hambourg. Durant quatre ans, il y vit de ses leçons de guitare et y publie quatre sonates, des romances et surtout le
Concerto opus 16.
En 1804, il rejoint la Cour de Saint-Pétersbourg où il deviendra l'un des artistes préféré de l'Empereur de Russie qui lui accorde une très grosse pension de musicien pendant dix ans. Cette période très féconde voit éclore des œuvres pour guitare solo et formation de chambre, ainsi que plusieurs recueils de romances pour voix et guitare. Il revient en France au service de Louis XVIII dont il sera un proche officier. Il est alors compagnon d'arme d'Alfred de Vigny, avec qui il escorte le Roi à Gand pendant les « Cent Jours ». Cette époque correspond à ses plus belles œuvres, en particulier les
Duos opus 31, dédiés à la Princesse de Croÿ-Solre. Puis, pour des raisons encore mal connues, il est écarté et envoyé dans des postes de province. Il sera successivement affecté à Niort, à l'Île d'Oléron, puis en Corse, à Saint-Florent et à Bonifacio. C'est là qu'il apprend la révolution de 1830 et l'abdication de Charles X qui précipiteront sans doute sa mise en retraite. Malgré les suppliques qu'il adresse à Paris, il doit quitter la Corse et se retrouve sans ressources. Il connaît alors une existence de plus en plus difficile.
Il meurt à Paris le 15 mars 1852 sans aucune ressource. Son corps est jeté dans une fosse commune au cimetière Montparnasse.
L'œuvre
Les recherches menées jusqu'à aujourd'hui ont mis à jour une quarantaine de partitions. La plupart sont conservées dans des bibliothèques étrangères (États-Unis, Russie, Allemagne...) et quelques-unes à la Bibliothèque nationale de France. On relève principalement des pièces pour guitare solo (ou bien en duo, trio et quatuor de guitares), des trios pour flûte, alto et guitare (ou bien violon alto et guitare), plusieurs sonates pour violon et guitare, des recueils de romances pour voix et guitare et un concerto pour guitare et orchestre.
Ancrée dans la tradition classique de la fin du XVIIIe siècle, sa musique et son inspiration foisonnante donnent une œuvre attachante, qui se démarque de celle des autres guitaristes de son époque. Son séjour en exil à Vienne, à la mort de Mozart et à l'aube de la carrière du jeune Beethoven, laisse indéniablement une trace dans le caractère de sa production.
Du point de vue formel, ses œuvres suivent très souvent le classique plan sonate, mais il sait trouver des tournures et des formules rythmiques vivantes qui font tout son intérêt. Contrairement à beaucoup de compositeurs guitaristes de son époque, il sait utiliser les ressources de la tonalité et les modulations. Lorsqu'il écrit pour deux guitares, il sort souvent du strict cadre de la mélodie accompagnée et imbrique avec science les deux parties en contrepoint, n'hésitant pas à écrire des parties mélodiques à la basse. Son écriture se distingue ainsi de celle de ses illustres contemporains, comme Sor ou Giuliani.
Jusqu'à son retour en France en 1814, Antoine de Lhoyer est resté fidèle à la guitare à cinq cordes. Quelques-unes de ses œuvres écrites pour la guitare à sept cordes sont la marque de son séjour en Russie. Les lieux de publication de ses œuvres varient avec l'errance de son exil. Les opus 12 à 18 sont publiés à Hambourg. Les opus suivants paraissent en Russie, et toute la fin de sa production, de l'opus 28 à 45, en France. Les opus 1 à 11 n'ont pour l'instant pas été localisés. Le chef-d'œuvre d'Antoine de Lhoyer se trouve dans les neuf opus consacrés aux duos. Il atteint là le sommet de son art et montre une maîtrise et un génie instrumental associé à une profondeur d'inspiration qui peut atteindre des sommets. Il maîtrise aussi bien les détails que la trajectoire générale, et n'hésite pas à créer l'événement par des ruptures de caractère. Il nous laisse une œuvre pour guitare d'une qualité rare, et qui est restée dans l'ombre jusqu'à aujourd'hui pour des raisons encore en partie mystérieuses.
Fantaisie Concertante opus 33
Lorsque la fantaisie opus 33 fut publiée en 1816, Antoine de Lhoyer vivait depuis peu à l'Île d'Oléron. Auparavant, sous la menace d'une mise en retraite forcée qui l'aurait précipité dans la misère, il avait remué ciel et terre pour obtenir du Roi une nouvelle charge.
De nombreuses personnalités intercédèrent en sa faveur auprès de Louis XVIII. Celui-ci lui accorde donc en 1816 le commandement de l'Île d'Oléron. Sitôt installé, il se remet à composer et publie plusieurs duos de guitare parmi lesquels cette fantaisie.
Comme pour le reste de l'œuvre d'Antoine de Lhoyer, il ne subsiste aucun manuscrit. Seuls quelques exemplaires de l'édition originale sont recensés dans plusieurs bibliothèques françaises et étrangères ou chez des particuliers.
Le frontispice de l'édition originale porte la mention :
Fantaisie concertante composée et dédiée à Monsieur Rougeon Desrivières par Antoine de Lhoyer, major de l'isle d'Oléron - Œuvre 33 - à Paris chez Meissonnier, 182 rue Montmartre.
L'opus 33 a été éditée en deux parties séparées : première et deuxième guitare.
C'était l'usage pour ce genre de musique, probablement pour des raisons économiques, car l'adjonction d'un conducteur doublait la quantité de papier et de travail de gravure.
Contrairement à d'autre opus, particulièrement ceux publiés en Allemagne, le travail des frères Meissonnier est très soigné et ne comporte que peu d'erreurs. Les frères Meissonniers sont connus pour leur grande activité d'éditeurs et aussi de compositeurs d'œuvres pour guitare. De Lhoyer leur dédiera d'ailleurs ses
Six Duos concertants opus 35.
Nous n'avons donc touché à rien et les articulations matérialisées par des liaisons sont celles du compositeur. D'un niveau d'exécution élevé, ce duo est abordable en fin de troisième cycle.
Elle sera donc jouée par des guitaristes confirmés, capables de décider eux-mêmes des meilleurs doigtés. La pratique de la musique de cette époque, et une attention particulière aux signes de liaison, jamais fortuits chez De Lhoyer, aideront beaucoup à les choisir. Enfin le choix de l'instrument (guitare romantique ou moderne) influe aussi considérablement sur cette question. Nous laissons donc le libre choix en ne rajoutant rien à l'édition d'époque.
La Fantaisie opus 33 est un cas presque unique à cette période de la guitare :
- Par sa durée, environ 25 à 35 minutes selon le tempo choisi.
- Par sa forme en huit mouvements: Allegro moderato, Menuetto, Andante avec quatre variations, Adagio, Menuetto, Polonaise, Romance, Rondo.
De Lhoyer réussi pourtant à édifier un ensemble remarquablement cohérent. Car si chaque mouvement peut être joué isolément avec bonheur, l'enchaînement de la totalité laisse apparaître une unicité de l'inspiration. De nombreuses réminiscences d'un mouvement à un autre (motifs et tournures mélodiques, figures rythmiques), et une succession logique des caractères donnent à l'œuvre le ciment qui justifie sa longueur.
Comme à son habitude Antoine de Lhoyer déploie toujours la même inventivité harmonique rythmique et mélodique si rare dans la musique pour guitare de cette époque, mais aussi et surtout, une maîtrise de l'art de jouer en duo. Nul ne sait avec qui il jouait sa musique, mais son partenaire était certainement aussi virtuose que lui.
Avec son œuvre, Antoine de Lhoyer conçoit le duo de guitare comme une entité musicale qui tient une place entière et méritée dans le monde de la musique de chambre.
Josiane et Philippe Spinosi
Antoine de Lhoyer (1768-1852)
Guitarist, composer, Garde de la Manche du Roi, Chevalier of the Order of St. Louis and of St. Jean de Jerusalem, King's Lieutenant... This list of titles reflects the tempestuous life of Antoine de Lhoyer. Born during the reign of Louis XV, died under the regime of Napoleon III, he knew the splendor of the royal and imperial courts of Europe, the horror of battle fields, he lived through the great upheavals of the Revolution and experienced exile, home-coming, the hope of being recognized, and probably at the end of his life he suffered anxiety, poverty and hunger.
But what is most surprising about him is that through all of these adventures and misadventures he kept his guitar always with him. No matter where he was, he never abandoned his instrument and for it he left us pages of passionate music which have stayed a long time hidden in the obscurity of libraries and which we are now making available to you.
In France almost no one seems to have heard of Antoine de Lhoyer.
The real revival of recognition of this musician in his home country is essentially due to the hard work of Mr. Philippe Faure. After lengthy research into the de Lhoyer family history, he was the first to establish a detailed biography of the musician. He patiently gathered together the majority of his works, some 50 in all. Allow us to render him homage here for his great contribution to the renaissance of this piece of the musical and guitaristic patrimony of France.
A Short Biography
For a thorough knowledge of Antoine de Lhoyer's life, we recommend that you consult the complete biography now being prepared for publication by Philippe Faure.
Antoine de Lhoyer was born in Clermont-Ferrand, in 1768 in a house on the Rue Beauregard, a narrow lane situated a few steps from the cathedral. His father was lord of Clerzat, which is also the name of the other residence of Antoine's parents, the Chateau of Clerzat, located a few kilometers from Clermont-Ferrand.
Antoine spent his childhood in both places. He started studying music when he was very young on the family's harpsichord, then he switched to the guitar. One of his first teachers was probably Pierre-Jean Porro, founder of the Parisian Journal de la Guitare and a music teacher at the Royal Military School of Effiat, near Clermont. De Lhoyer moved to Paris in 1774 where he encountered players active in the busy Parisian guitar world, including Porro, and also Alberti, Pierre-Joseph Baillon, Francois Vincent Corbelin, the Merchi brothers and Vidal.
Antoine got his parents permission to take a study trip abroad to perfect his artistry. He paid visits to the major European capitals. We know that he then joined a French theater company which performed frequently in France and around Europe. While with that troupe he stayed for a long time in the court of Prince Henri of Prussia in Reinberg.
At that time Antoine de Lhoyer enjoyed an international reputation as a great virtuoso.
In 1789 he became a guard in the employment of Louis XVI. He left the elite troops shortly after the massacre of guards by the crowd that invaded Versailles on October 6, 1789.
Now Antoine began a military career in the Armies of Princes and the Armies of Condé which took him to the great battle fields of Europe. He was wounded in combat and lost the use of his right hand for three years. While still in the armys of the Princes and Condé stationed in Vienna he composed the Grande Sonata for Guitar, Op. 12, and Quatre Adagio pour Guitare avec accompagnement de violon. In 1800 the army in which he served broke up and he went on to Hamburg. There he earned a living by giving guitar lessons and publishing four sonatas and, most importantly, his concerto, Op. 16.
In 1804 he joined the court of St. Petersburg where he became one of the favorite artists of the Empress Elizabeth, wife of the Grand Duke Alexander. She gave him a very well-paid post as musician for 10 years.
This very productive period saw the creation of solo and ensemble guitar works as well as several collections of Romances for voice and guitar.
He came back to France in the service of Louis XVIII whom he served as an officer.
He wrote during that period his most beautiful works, in particular the duos, Op. 31, dedicated to the Princess of Croÿ-Solre.
Then, for unknown reasons, he was dismissed and sent to serve in the provinces, first to Niort and the Ile d'Oleron, followed by St. Florent and Bonifacio in Corsica. It was there he heard about the Revolution of 1830 and the abdication of Charles X which undoubtedly precipitated his retirement. Despite the urgent requests he sent to Paris, he had to leave Corsica and found himself destitute. His existence became more and more difficult and he died impoverished in Paris on March 15, 1852.
Recent research has turned up a little more than 40 published compositions. Most of them are kept in foreign libraries (United States, Russia, Germany...) and a few in the Bibliothèque Nationale of France.
We have found principally the following types of pieces : solo guitar, trios for flute, viola and guitar, several sonatas for violin and guitar, collections of romances for voice and guitar, a concerto for guitar and orchestra. Anchored in the classical tradition of the end of the 18th century, his abundant musical inspiration produced an attractive body of work which sets it apart from other composers of his epoch. His time spent in exile in Vienna at the time of Mozart's death and the early days of Beethoven left an undeniable mark on the character of his production.
From a formal point of view, his works often follow the classic sonata design, but he could find turns of phrase and lively rhythmic forms which lend them a special interest. Contrary to many of the guitarist-composers of his time, he knew how to utilize tonal resources and modulations. When composing for two guitars he often departs from the strict form of accompanied melody and contrapuntally integrates the two parts, never hesitating to write melodic lines in the bass. His compositions thus distinguish themselves from those of his contemporaries such as Sor and Giuliani.
Up until he returned to France in 1814 Antoine de Lhoyer played regularly on a five-string guitar. Some of his works are for the seven-string guitar, a result of his stay in Russia.
The places of publication of his works vary according to his wanderings in exile. The opuses 12 through 18 were published in Hamburg. The works immediately following appeared in Russia, and all the rest of his production, from Op. 28 through Op. 45, was printed in France. The places of publication of opuses 1 to 11 have not yet been identified.
The major works of Antoine de Lhoyer are the nine compositions for guitar duo. Here he attained the pinnacle of his art and shows a mastery and a genius for inspired instrumental writing that can attain musical heights. He mastered both the details and the overall form and never hesitated to create musical events through interruptions of character. He left us with an œuvre for guitar of a rare quality which has remained in shadow up until today for reasons somewhat mysterious.
Fantaisie Concertante opus 33
While fantasia opus 33 was published in 1816, Antoine de Lhoyer had been living for a short time on the Île d'Oléron. Previously, threatened by early retirement which would have only brought misery to him, he had done everything in his power to obtain a new position from the King.
Numerous personalities interceded on his behalf to Louis XVIII. Louis XVIII thus gave him command of the Île d'Oléron in 1816. As soon as he installed himself on the island, he again started to compose and published numerous guitar duets, amongst which is this fantasia.
As with the other works of Antoine de Lhoyer, no manuscripts remain, and only a few copies of the original edition are to be found in various French and foreign libraries or in private ownership.
The frontispiece of the original edition had the following comment : "Fantaisie concertante dedicated to Mr. Rougeon Desrivières and composed by Antoine de Lhoyer, Major general of the Island of Oléron, work 33 in Paris, at Meissonniers', 182 rue Montmartre".
Opus 33 has been edited in two separate parts: first and second guitar.
It was the use for that type of music, probably due to economic reasons, as the addition of a sheet would double the quantity of paper and the printer's work.
Contrary to other opus', especially those published in Germany, the work of the Meissonnier brothers is very precise and has few mistakes. The Meissonnier brothers are known for their large activity as publishers and also for composing pieces of music for the guitar. De Lhoyer even dedicated his Six Duos concertants opus 35 to them.
We haven't touched anything and the articulations materialised by the ties are those of the composer. Of a high level of play, this duet is accessible at the end of the third cycle.
It will thus be played by experienced guitarists, capable of deciding the best fingering for themselves. Practise of music of that époque, and paying special attention to the tie symbols, which are never fortuitous in De Lhoyer's work, will be of great help in choosing the most suitable fingering. Lastly, the choice of instrument (romantic or modern guitar) also greatly influences this question. We thus let you choose freely and don't add anything to the edition of the époque.
Fantaisie opus 33 is almost a unique case in that guitar period :
- Due to its duration of between approximately 25 and 30 minutes according to the chosen tempo.
- Due to its form in eight movements: Allegro Moderato, Menuetto, Andante with four variations, Adagio, Menuetto, Polonaise, Romance and Rondo.
Nevertheless, De Lhoyer succeeds in creating a remarkably coherent ensemble, as if each movement can be happily played on its own, the progression of the totality gives rise to a uniqueness of inspiration. Numerous overtones from one movement to another (motifs and melodic twists, rhythmic figures) and a logical succession of characters give the piece the bond that justifies its length.
As usual, Antoine de Lhoyer exhibits the same harmonic, rhythmic and melodic inventiveness which are so rare in guitar music of that period, but also and above all, he shows his mastery of the art of playing in duet. Nobody knows who he played his music with, but his partner was certainly as virtuoso as he was.
With his work, Antoine de Lhoyer sees the guitar duet as a musical entity which has its very own and well deserved place in the world of chamber music.
Josiane et Philippe Spinosi.
Traduction Anne-Hélène Bernard