Musiques Buissonnières

Des partitions inédites, une gravure de qualité

De Lhoyer Grande sonate pour la guitare

Antoine de Lhoyer 1768-1852

Collection pour la guitare proposée par le duo Spinosi

Grande sonate pour la guitare opus 12 composée et dédiée à M. Monttefsuy


La vie d'Antoine de Lhoyer est un véritable roman dont la guitare reste le personnage central. Ce compositeur, guitariste, Chevalier de Saint-Louis et de Saint-Jean de Jérusalem, Garde de la Manche du Roi, nous a légué des chefs-d'œuvre longtemps restés dans l'obscurité des bibliothèques.
La présente édition s'attache à vous en livrer les plus belles pages.

Voici une partition pleine de promesse. Cette grande sonate opus 12 est la première œuvre connue d'Antoine de Lhoyer, compositeur né en 1768, mais surtout guitariste de génie, qui a laissé à cet instrument un répertoire incomparable, que nous commençons à peine à redécouvrir aujourd'hui, plus de 150 ans après sa disparition.
Cette sonate contient toute l'ambition du musicien de jouer et vivre pleinement la musique d'une époque si riche d'évènements et de chefs-d'œuvres, et de projeter ainsi son frêle instrument, la guitare qui n'avait pas encore six cordes, au rang occupé par le piano-forte et les archets. D'une écriture simple et fraîche, cette pièce est pourtant d'une grande virtuosité. Elle montre un potentiel musical et instrumental qui verra son éclosion véritable quelques années plus tard dans les fameux duos opus 31 (déjà parus dans cette collection).
Cette sonate est l'occasion pour le guitariste qui s'y aventurera, de développer une technique complète, arpèges, gammes rapides, formules de main droite complexes, jeu de main gauche agile... Elle mérite d'être jouée pour ce qu'elle est, à la fois une démonstration jubilatoire des possibilités musicale de la guitare, et une rare porte ouverte à notre instrument sur le monde infini de la musique classique de la fin du XVIIIe siècle...

Josiane Rabemananjara et Philippe Spinosi



Sonate en deux mouvements, Allegro et Andante con variazioni.
Révisions par Philippe Spinosi.

Antoine de Lhoyer a énormément composé pour la guitare : découvrez les 9 recueils de partitions édités par les Éditions Buissonnières.

Découvrez les autres partitions pour guitare : Concerto pour guitare opus 16 et Six exercices pour la guitare opus 27.
Format 21 x 29,7 cm,
24 pages reliées.
Compositeur Antoine de Lhoyer.
EAN : 9 78284926009 8
Prix :
10,00 € T.T.C.
(9,48 € H.T. pour l'étranger)

Avant-propos

Le Duo Spinosi

Josiane Rabemananjara et Philippe Spinosi
Dès la création de leur duo Josiane Rabemananjara et Philippe Spinosi sont très vite remarqués pour la très grande musicalité et l'esprit de musique de chambre qu'ils insufflent au duo de guitare. Sensibilité, intelligence musicale et virtuosité sont unanimement saluées par la critique.
Profondément marqués par leur rencontre avec l'immense guitariste Sergio Assad, ils se forgent une place particulière dans l'univers de la guitare classique, par des choix artistiques exigeants et recherchés. Ils privilégient les œuvres originales sur les transcriptions sans toutefois les exclure. Par des options interprétatives audacieuses, ils savent si nécessaire s'affranchir des règles de la tradition guitaristique. Pour le répertoire ancien, ils ont choisi l'option des instruments d'époque. Leur perpétuelle exploration du répertoire original pour duo de guitare les amène à enregistrer Années 50, un CD consacré à la musique française originale pour deux guitares autour de 1850 et 1950, unanimement salué par la critique. Leur travail actuel porte sur le génial guitariste Français de la fin du XVIIIe siècle, Antoine de Lhoyer. Leur enregistrement de ses duos opus 31 et du concerto opus 16 (en première mondiale) est à paraître, ainsi que les premières éditions modernes, en collaboration avec les Éditions Buissonnières.
Le Duo Spinosi est:
- Lauréat de la Fondation Yehudi Menuhin,
- Premier Prix premier nommé du Concours International de Duos de Guitare de Bubenreuth (Allemagne)
- Lauréats du Concours international de guitare en duo de Montélimar,
- Premier prix du Concours de musique de chambre de l'U.F.A.M. (Paris),
- Lauréat boursier du Concours de musique de chambre «Musique d'Ensemble» (Paris-Rueil).
Le duo s'est produit aux États-Unis, en Allemagne, en Irlande, en Tunisie, au Maroc, à Chypre, au Liban, en Syrie, à Madagascar, à l'Île Maurice, etc. En France, ils ont donné 180concerts pour les Jeunesses Musicales de France (JMF). Ils sont aussi invités par des festivals comme les Flâneries Musicales de Reims, ou les Nuits de la Guitare de Patrimonio ainsi qu'à la télévision et la radio (France 2, France-Musiques, France Inter...).


Antoine de Lhoyer (1768-1852)

Guitariste, compositeur, Garde de la Manche du Roi Chevalier de l'ordre de Saint-Louis et de St. Jean de Jérusalem, Lieutenant du Roi... Cette énumération reflète bien le tourbillon dans lequel s'enroule la vie d'Antoine de Lhoyer. Né sous Louis XV, mort sous Napoléon III, il connut le faste des cours royales et impériales d'Europe, l'horreur des champs de batailles, vécut tous les grands bouleversements de la révolution, l'exil, le retour, l'espoir d'une reconnaissance, et probablement, à la fin de sa vie, l'inquiétude, la misère et la faim. Mais ce qui nous frappe le plus, c'est qu'en traversant cette épopée, il a toujours gardé une guitare auprès de lui. Il ne s'est jamais détourné de cet instrument qui l'a suivi partout et pour lequel il nous a légué des pages de musique passionnante, qui sont restées longtemps dans l'obscurité des bibliothèques, et que nous nous attachons maintenant à vous livrer.
En France, presque personne ne semblait jusqu'à aujourd'hui connaître Antoine de Lhoyer. Le vrai retour en grâce du musicien dans son pays natal est dû essentiellement au travail immense de Philippe Faure. Après de longues recherches sur la famille de Lhoyer, il a été le premier à établir une biographie très détaillée du musicien. Il a rassemblé avec patience la plus grande partie de ses œuvres, soit une cinquantaine d'opus. Qu'il soit permis de lui rendre ici un hommage chaleureux, pour sa contribution majeure à la renaissance de cette part du patrimoine musical et guitaristique français.


Biographie succincte

Pour une connaissance approfondie de la vie d'Antoine de Lhoyer, nous conseillons de se reporter à la biographie complète que Philippe Faure s'apprête à publier.
Antoine de Lhoyer est né à Clermont-Ferrand en 1768 dans un petit hôtel particulier de la rue Beauregard, en fait une petite ruelle étroite située à deux pas de la cathédrale. Il est le fils du seigneur de Clerzat.
Ce nom est aussi celui de l'autre résidence des parents d'Antoine : le château de Clerzat, situé a quelques kilomètres de Clermont-Ferrand. L'enfance d'Antoine se partagera entre ces deux demeures. Il étudie très jeune la musique sur le clavecin familial, puis la guitare. L'un de ses premiers maîtres fut très probablement le guitariste Pierre-Jean Porro. Fondateur à Paris du Journal de la Guitare, Porro était aussi l'un des professeurs de musique à l'École royale et militaire d'Effiat, près de Clermont. Le jeune Antoine ayant vraisemblablement suivi des cours privés de ces professeurs, sa vocation pour la guitare a pu naître de la fréquentation de Porro.

En 1774, débute la période parisienne de la vie d'Antoine de Lhoyer. Il côtoiera les acteurs de la vie guitaristique parisienne alors intense. Porro, mais aussi Alberti, Pierre-Joseph Baillon, François Vincent Corbelin, Les frères Merchi et Vidal. Antoine obtient de ses parents l'autorisation de partir en voyage d'étude pour se perfectionner dans son art. Il visite les grandes capitales européennes. On sait qu'il intégra ensuite une troupe de comédiens français qui se produisaient beaucoup en France et en Europe. Au sein de cette troupe, il fait une halte prolongée à la cour du prince Henri de Prusse à Reinberg, homme éclairé, mécène des arts et des lettres. Antoine de Lhoyer jouit alors d'une réputation de grand virtuose qui dépasse les frontières.

En 1789, il entre dans la garde de Louis XVI. Il quittera cette troupe d'élite en 1791, peu après le massacre des gardes par la foule ayant envahi Versailles le 6 octobre 1789. Commence pour Antoine une période militaire, dans les armées des Princes et dans celles de Condé, qui le conduira sur les grands champs de bataille européens. C'est là qu'il compose la Grande Sonate pour la Guitare opus 12 et Quatre Adagio pour Guitare avec accompagnement de violon. Il se trouve alors à Vienne. Blessé au combat, il perd l'usage de sa main droite pendant trois ans.

En 1800, l'armée dans laquelle il sert se disperse. Antoine de Lhoyer rejoint Hambourg. Durant quatre ans, il y vit de ses leçons de guitare et y publie quatre sonates, des romances et surtout le Concerto opus 16.

En 1804, il rejoint la Cour de Saint-Pétersbourg où il deviendra l'un des artistes préféré de l'Empereur de Russie qui lui accorde une très grosse pension de musicien pendant dix ans. Cette période très féconde voit éclore des œuvres pour guitare solo et formation de chambre, ainsi que plusieurs recueils de romances pour voix et guitare. Il revient en France au service de Louis XVIII dont il sera un proche officier. Il est alors compagnon d'arme d'Alfred de Vigny, avec qui il escorte le Roi à Gand pendant les « Cent Jours ». Cette époque correspond à ses plus belles œuvres, en particulier les Duos opus 31, dédiés à la Princesse de Croÿ-Solre. Puis, pour des raisons encore mal connues, il est écarté et envoyé dans des postes de province. Il sera successivement affecté à Niort, à l'Île d'Oléron, puis en Corse, à Saint-Florent et à Bonifacio. C'est là qu'il apprend la révolution de 1830 et l'abdication de Charles X qui précipiteront sans doute sa mise en retraite. Malgré les suppliques qu'il adresse à Paris, il doit quitter la Corse et se retrouve sans ressources. Il connaît alors une existence de plus en plus difficile.
Il meurt à Paris le 15 mars 1852 sans aucune ressource. Son corps est jeté dans une fosse commune au cimetière Montparnasse.


L'œuvre

Les recherches menées jusqu'à aujourd'hui ont mis à jour une quarantaine de partitions. La plupart sont conservées dans des bibliothèques étrangères (États-Unis, Russie, Allemagne...) et quelques-unes à la Bibliothèque nationale de France. On relève principalement des pièces pour guitare solo (ou bien en duo, trio et quatuor de guitares), des trios pour flûte, alto et guitare (ou bien violon alto et guitare), plusieurs sonates pour violon et guitare, des recueils de romances pour voix et guitare et un concerto pour guitare et orchestre.
Ancrée dans la tradition classique de la fin du XVIIIe siècle, sa musique et son inspiration foisonnante donnent une œuvre attachante, qui se démarque de celle des autres guitaristes de son époque. Son séjour en exil à Vienne, à la mort de Mozart et à l'aube de la carrière du jeune Beethoven, laisse indéniablement une trace dans le caractère de sa production.
Du point de vue formel, ses œuvres suivent très souvent le classique plan sonate, mais il sait trouver des tournures et des formules rythmiques vivantes qui font tout son intérêt. Contrairement à beaucoup de compositeurs guitaristes de son époque, il sait utiliser les ressources de la tonalité et les modulations. Lorsqu'il écrit pour deux guitares, il sort souvent du strict cadre de la mélodie accompagnée et imbrique avec science les deux parties en contrepoint, n'hésitant pas à écrire des parties mélodiques à la basse. Son écriture se distingue ainsi de celle de ses illustres contemporains, comme Sor ou Giuliani.
Jusqu'à son retour en France en 1814, Antoine de Lhoyer est resté fidèle à la guitare à cinq cordes. Quelques-unes de ses œuvres écrites pour la guitare à sept cordes sont la marque de son séjour en Russie. Les lieux de publication de ses œuvres varient avec l'errance de son exil. Les opus 12 à 18 sont publiés à Hambourg. Les opus suivants paraissent en Russie, et toute la fin de sa production, de l'opus 28 à 45, en France. Les opus 1 à 11 n'ont pour l'instant pas été localisés. Le chef-d'œuvre d'Antoine de Lhoyer se trouve dans les neuf opus consacrés aux duos. Il atteint là le sommet de son art et montre une maîtrise et un génie instrumental associé à une profondeur d'inspiration qui peut atteindre des sommets. Il maîtrise aussi bien les détails que la trajectoire générale, et n'hésite pas à créer l'événement par des ruptures de caractère. Il nous laisse une œuvre pour guitare d'une qualité rare, et qui est restée dans l'ombre jusqu'à aujourd'hui pour des raisons encore en partie mystérieuses.

Josiane et Philippe Spinosi



La Grande sonate opus 12

La grande Sonate opus 12 est dédiée à Monsieur Chossat de Montessuy, personnage de la noblesse de la Bresse que de Lhoyer fréquentait probablement dans son exil germanique. Composée en 1799, elle fut publiée à Hambourg. Durant les quatre années de sa vie Hambourgeoise, de Lhoyer publia en plus de cette sonate, deux recueils de romances opus. 14 et 15, le concerto pour guitare et cordes opus 16, trois duos pour guitare et violon obligé opus 17 et une ouverture pour guitare et violon opus 18a.
Mis à part les six exercices opus 27, c'est la seule pièce pour guitare solo qui ait été retrouvée à ce jour. La Grande Sonate a été composée pour la guitare à cinq cordes, instrument que connaissait et pratiquait de Lhoyer à cette époque. La guitare à six cordes popularisée en France à la toute fin du xviiie siècle se répandit plus tardivement dans l'Est de l'Europe. De Lhoyer ne s'y consacra donc qu'à son retour d'exil en 1814.
Deux parties constituent cette pièce, un allegro, et un thème avec 6 variations.
Bien que moins développée et riche que ses œuvres postérieures, notamment les duos d'après 1814, la sonate opus 12 laisse percevoir tout le potentiel du musicien, ainsi que son profond enracinement dans la tradition classique de la fin du XVIIIe siècle.
Le premier mouvement écrit selon un plan de sonate classique montre fraîcheur et vivacité du style avec des tournures et des formules rythmiques qui pourraient plus rappeler le répertoire du piano-forte de l'époque que celui habituel de la guitare. Si le talent du compositeur en est la raison, il y a peut-être aussi là une trace de l'isolement du guitariste exilé, et donc, non influencé par l'esprit de la « guitaromanie » parisienne. On ne peut que s'en réjouir, car nous héritons ainsi d'une œuvre qui sonne « différent » du répertoire usuel de cette période.
La seconde partie est un thème, andante en sol majeur, avec six variations, toutes majeures.
Le thème comme les variations sont d'une grande simplicité musicale. L'objet semble ici être un véritable déploiement de virtuosité instrumentale qui, si l'on envisage un tempo rapide, nous laisse deviner de quoi était capable le « guitariste » de Lhoyer. Pour bien saisir ce que cette sonate pouvait représenter pour Antoine de Lhoyer, il faut avoir à l'esprit qu'il venait de retrouver l'usage de sa main droite, restée paralysée pendant trois ans à la suite d'une blessure probablement reçue à la bataille de Schiensengen (1796), alors qu'il était officier dans l'armée autrichienne. On imagine facilement quelle torture représente une telle privation pour un guitariste de son niveau, et la joie extraordinaire de retrouver la possibilité de jouer lorsque survient la guérison. C'est d'ailleurs la période où il publiera un concerto pour guitare et cordes lui aussi très virtuose.
On peut donc considérer cette grande sonate comme une œuvre de jeunesse du point de vue de l'écriture, mais aussi de renaissance du point de vue guitaristique, avec ce que ceci peut signifier d'énergie, de fougue, et de vitalité pour l'interprétation.


À propos de cette édition

Il existe deux éditions originales de la sonate opus 12 toutes deux publiées du vivant d'Antoine de Lhoyer. La première chez Jean Auguste Böhme, éditeur à Hambourg; correspond à la période où de Lhoyer vécu dans cette ville entre 1800 et 1804. La seconde est éditée à Paris chez « Corbeaux, éditeur et marchand de musique à la Lyre d'Or, rue de Thionville n° 28 ». Cette deuxième publication correspond probablement au retour d'exil du compositeur, après 1814. On sait que de Lhoyer, alors nommé officier dans des garnisons de province, sollicitait de fréquentes permissions pour se rendre à Paris afin d'y rencontrer ses éditeurs.
L'édition que nous vous proposons aujourd'hui est la plus fidèle possible à ces versions originales. Toutes les indications d'articulations (signes de liaisons) sont conformes aux originaux. Quelques rares corrections sont apportées à ce qui ressemble manifestement à des erreurs de gravure de l'époque. Mais un renvoi permet de connaître la version de l'édition originale pour que chacun se forge son opinion.
Les doigtés sont tous rajoutés, sauf un effet de chanterelle à vide proposé par de Lhoyer à la mesure 70. Ces doigtés ne sont que nos suggestions. En effet, le compositeur utilisait pour cette œuvre une guitare à cinq cordes très éloignée de la guitare du xxie siècle. Articulation et phrasés sont en adéquation avec l'instrument pour lequel a été pensée la musique. Il serait hasardeux d'affirmer que nous proposons LE doigté incontournable pour jouer cette sonate.
Pour les quelques doigtés que nous proposons, nous nous sommes donc contenté d'indiquer ce qui nous paraissait sonner sur guitare moderne de la manière la plus proche du résultat que nous avons aussi obtenu sur une guitare ancienne. Libre à chacun de faire sa propre recherche, l'essentiel étant de retrouver l'énergie et l'émotion qui sont indiscutablement contenues dans cette partition.

Philippe Spinosi




Antoine de Lhoyer (1768-1852)

Guitarist, composer, Garde de la Manche du Roi, Chevalier of the Order of St. Louis and of St. Jean de Jerusalem, King's Lieutenant... This list of titles reflects the tempestuous life of Antoine de Lhoyer. Born during the reign of Louis XV, died under the regime of Napoleon III, he knew the splendor of the royal and imperial courts of Europe, the horror of battle fields, he lived through the great upheavals of the Revolution and experienced exile, home-coming, the hope of being recognized, and probably at the end of his life he suffered anxiety, poverty and hunger.
But what is most surprising about him is that through all of these adventures and misadventures he kept his guitar always with him. No matter where he was, he never abandoned his instrument and for it he left us pages of passionate music which have stayed a long time hidden in the obscurity of libraries and which we are now making available to you.
In France almost no one seems to have heard of Antoine de Lhoyer.
The real revival of recognition of this musician in his home country is essentially due to the hard work of Mr. Philippe Faure. After lengthy research into the de Lhoyer family history, he was the first to establish a detailed biography of the musician. He patiently gathered together the majority of his works, some 50 in all. Allow us to render him homage here for his great contribution to the renaissance of this piece of the musical and guitaristic patrimony of France
.

A Short Biography

For a thorough knowledge of Antoine de Lhoyer's life, we recommend that you consult the complete biography now being prepared for publication by Philippe Faure.
Antoine de Lhoyer was born in Clermont-Ferrand, in 1768 in a house on the Rue Beauregard, a narrow lane situated a few steps from the cathedral. His father was lord of Clerzat, which is also the name of the other residence of Antoine's parents, the Chateau of Clerzat, located a few kilometers from Clermont-Ferrand.
Antoine spent his childhood in both places. He started studying music when he was very young on the family's harpsichord, then he switched to the guitar. One of his first teachers was probably Pierre-Jean Porro, founder of the Parisian Journal de la Guitare and a music teacher at the Royal Military School of Effiat, near Clermont. De Lhoyer moved to Paris in 1774 where he encountered players active in the busy Parisian guitar world, including Porro, and also Alberti, Pierre-Joseph Baillon, Francois Vincent Corbelin, the Merchi brothers and Vidal.
Antoine got his parents permission to take a study trip abroad to perfect his artistry. He paid visits to the major European capitals. We know that he then joined a French theater company which performed frequently in France and around Europe. While with that troupe he stayed for a long time in the court of Prince Henri of Prussia in Reinberg.
At that time Antoine de Lhoyer enjoyed an international reputation as a great virtuoso.
In 1789 he became a guard in the employment of Louis XVI. He left the elite troops shortly after the massacre of guards by the crowd that invaded Versailles on October 6, 1789.

Now Antoine began a military career in the Armies of Princes and the Armies of Condé which took him to the great battle fields of Europe. He was wounded in combat and lost the use of his right hand for three years. While still in the armys of the Princes and Condé stationed in Vienna he composed the Grande Sonata for Guitar, Op. 12, and Quatre Adagio pour Guitare avec accompagnement de violon. In 1800 the army in which he served broke up and he went on to Hamburg. There he earned a living by giving guitar lessons and publishing four sonatas and, most importantly, his concerto, Op. 16.
In 1804 he joined the court of St. Petersburg where he became one of the favorite artists of the Empress Elizabeth, wife of the Grand Duke Alexander. She gave him a very well-paid post as musician for 10 years.
This very productive period saw the creation of solo and ensemble guitar works as well as several collections of Romances for voice and guitar.
He came back to France in the service of Louis XVIII whom he served as an officer.
He wrote during that period his most beautiful works, in particular the duos, Op. 31, dedicated to the Princess of Croÿ-Solre.
Then, for unknown reasons, he was dismissed and sent to serve in the provinces, first to Niort and the Ile d'Oleron, followed by St. Florent and Bonifacio in Corsica. It was there he heard about the Revolution of 1830 and the abdication of Charles X which undoubtedly precipitated his retirement. Despite the urgent requests he sent to Paris, he had to leave Corsica and found himself destitute. His existence became more and more difficult and he died impoverished in Paris on March 15, 1852.


Recent research has turned up a little more than 40 published compositions. Most of them are kept in foreign libraries (United States, Russia, Germany...) and a few in the Bibliothèque Nationale of France.
We have found principally the following types of pieces : solo guitar, trios for flute, viola and guitar, several sonatas for violin and guitar, collections of romances for voice and guitar, a concerto for guitar and orchestra. Anchored in the classical tradition of the end of the 18th century, his abundant musical inspiration produced an attractive body of work which sets it apart from other composers of his epoch. His time spent in exile in Vienna at the time of Mozart's death and the early days of Beethoven left an undeniable mark on the character of his production.
From a formal point of view, his works often follow the classic sonata design, but he could find turns of phrase and lively rhythmic forms which lend them a special interest. Contrary to many of the guitarist-composers of his time, he knew how to utilize tonal resources and modulations. When composing for two guitars he often departs from the strict form of accompanied melody and contrapuntally integrates the two parts, never hesitating to write melodic lines in the bass. His compositions thus distinguish themselves from those of his contemporaries such as Sor and Giuliani.
Up until he returned to France in 1814 Antoine de Lhoyer played regularly on a five-string guitar. Some of his works are for the seven-string guitar, a result of his stay in Russia.
The places of publication of his works vary according to his wanderings in exile. The opuses 12 through 18 were published in Hamburg. The works immediately following appeared in Russia, and all the rest of his production, from Op. 28 through Op. 45, was printed in France. The places of publication of opuses 1 to 11 have not yet been identified.
The major works of Antoine de Lhoyer are the nine compositions for guitar duo. Here he attained the pinnacle of his art and shows a mastery and a genius for inspired instrumental writing that can attain musical heights. He mastered both the details and the overall form and never hesitated to create musical events through interruptions of character. He left us with an œuvre for guitar of a rare quality which has remained in shadow up until today for reasons somewhat mysterious.


Josiane et Philippe Spinosi
Traduction Robert Page



Grande Sonata opus 12

The grande Sonata opus 12 is dedicated to Monsieur Chassat de Montessy, member of the Bresse nobility with whom de Lhoyer had probably associated during his German exile. Written in 1799, it was published in Hamburg. During his four years in Hamburg de Lhoyer published, in addition to this sonata, two compilations of ballads op. 14 and 15, the concerto for guitar and strings op. 16, three duos for guitar and violin obligato op. 17 and one overture for guitar and violin op.18a.
To this day, excepting the six exercises opus 27, this is the only piece for solo guitar that has been unearthed. The Grande Sonata was composed for the five string
guitar, an instrument de Lhoyer was familiar with at that time and which he played. The six string guitar which became popular throughout France right at the end of the 18th century was longer to come into general use in eastern Europe. De Lhoyer could only dedicate himself to it on his return from exile in 1814.
This piece has two parts, one allegro and one theme with six variations.
Although less rich and less well developed than his later works, especially the duos which came after 1814, the sonata opus 12 gives an insight into the musician's potential as well as into the way in which his work was deeply rooted in the late 18th century classical tradition.
The first movement written along the lines of a classical sonata shows alertness and lightness in style with constructions and rhythmical formulae reminding us more of the pianoforte repertory of the time than that usually associated with the guitar. If this is due to the composer's talent there maybe also lies a trace of the isolation he knew as an exile and which caused his estrangement from the Parisian "guitar mania". This is for the best since we have thus inherited a piece which sounds different from the common repertory of that time.
The second part is an andante theme in G major with six variations, all major. Both the theme and the variations are of great musical simplicity. The purpose here seems to be a real display of instrumental virtuosity which, when coupled with rapid tempo, gives an insight into de Lhoyer's ability as a guitar player. In order to really understand what this sonata could have meant to Antoine de Lhoyer, one should bear in mind that he had just recovered the use of his right hand, crippled for three years following a wound he received at the battle of Schiensengen (1796), while he was an officer in the Austrian army. One can easily imagine the frustration endured by a guitarist of his talent when he was thus deprived of his hand, as well as the immense joy when he was able to play again. Moreover, this is when he published a concerto for guitar and strings also of great virtuosity. One could consider this grande sonata as a piece of juvenilia as far as the writing is concerned but also as a renaissance piece as far as guitar playing is concerned, with what this implies in terms of energy, passion and vitality for the interpretation
.

About this edition

There are two original editions of sonata opus 12 both published in Antoine de Lhoyer's lifetime. The first one which was published by Jean Auguste Böhme in Hamburg corresponds to the period during which de Lhoyer was living in that town, between 1800 and 1804. The other one was published in Paris by « Corbaux, éditeur et marchand de musique à la Lyre d'Or, rue de Thionville n° 28 ». The second edition probably coincided with the composer returning from exile after 1814. We know that de Lhoyer, who had then been commissioned as an officier with garrisons in the provinces, would often request permissions to visit his publishers in Paris.
The edition we are submitting to you today is as faithful to those original versions as possible. All the indications concerning articulations (the ties) are in keeping with the originals. A few rare corrections have been made where it seemed obvious that the mistakes were due to misprints left untouched at the time. But cross-references allow the reader to know what the version in the original edition was so they can draw their own conclusions.
All the fingering has been added afterwards except for an open highest string effect written in by de Lhoyer at the seventieth bar. This fingering pattern is only a suggestion on our part. Indeed, the five string guitar used by the composer for this piece is very different from any 21st century guitar. Both articulation and phrasing are suited for the instrument for which the music was invented. We will not go as far as to say that we are offering the one and only fingering meant for this sonata.
As far as the few patterns for fingering we are suggesting are concerned, we have contented ourselves with indicating what seemed to us to come closest on a modern guitar to the sound we were able to create with an ancient guitar. Anyone is free to carry out their own research, but the main thing is to bring to life again both the energy and emotion which this score indisputably contains
.

Philippe Spinosi
Traduction de Charlotte Gould

Table des matières

  1. Biographie d'Antoine de Lhoyer p.5
  2. À propos de l'œuvre p.8
  3. À propos de cette édition p.9

  4. Allegro Moderato p.10
  5. Andante con variation p.14

  6. Le duo Spinosi p.19
Les Éditions Buissonnières,
Éditeur de livres scolaires, de partitions musicales et de livres sur la Presqu'île de Crozon (Finistère)
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